J’ai à cœur d’écrire sur l’accompagnement des enfants présentant un TDAH, parce que ce sujet me touche profondément, en tant que professionnelle… mais aussi en tant que maman.
Depuis tout petit, mon fils traverse des tempêtes émotionnelles intenses : colères, agitation, débordements, parfois même de la violence.
Comme beaucoup de parents, je me suis remise en question, j’ai cherché à comprendre, à m’adapter, à trouver des solutions. Nous avons été accompagnés par des professionnels — psychologue, psychomotricienne — mais malgré cela, certaines difficultés restent présentes et parfois très éprouvantes au quotidien.
Mon engagement auprès de l’association Women Safe & Children m’a également permis d’échanger avec de nombreuses mères. Leurs témoignages ont fait écho à ce que je vis : mêmes épuisements, mêmes incompréhensions, mêmes inquiétudes face à des comportements intenses.
Comme beaucoup de familles, nous sommes aujourd’hui dans l’attente d’un diagnostic via le CHU.
En attendant, je m’appuie sur ce que je connais le mieux : le corps, la relation, le toucher.
Le toucher comme ressource naturelle
C’est presque instinctivement que j’ai commencé à utiliser le toucher avec mon fils.
Des moments simples, au calme, où je viens poser mes mains, masser doucement, ralentir. Petit à petit, j’ai observé quelque chose de précieux : le corps s’apaise… et avec lui, l’agitation intérieure. instants permettent à l’enfant de faire l’expérience concrète du calme.
Pas un calme imposé, pas un “calme-toi” qui ne fonctionne pas…
Mais un calme ressenti, intégré. Bien sûr, ce n’est pas magique ni systématique.
Cela demande aussi que moi, en tant que parent, je sois disponible intérieurement. Et dans le rythme de nos vies, avec la fatigue et la charge mentale, ce n’est pas toujours évident.
Ce que j’observe en séance
Mon expérience professionnelle vient confirmer ce que je vis à la maison. Au fil des séances, je constate à quel point le toucher bienveillant peut transformer l’état d’un enfant en quelques minutes.
Récemment, une petite fille très vive est venue en séance.
Après seulement 15 minutes de massage, elle s’est profondément relâchée… jusqu’à s’endormir.
D’autres enfants s’apaisent simplement avec une présence corporelle contenante : une main posée, une respiration calme, une attention portée au corps. Tous ne sont pas réceptifs de la même manière, bien sûr.
Certains enfants — souvent les plus moteurs — préfèrent bouger, courir, se dépenser. Et c’est aussi juste pour eux. Mais pour beaucoup, le toucher devient une porte d’entrée vers l’apaisement.
Quand la parole ne suffit pas
Avec certains enfants, la parole atteint ses limites.
Ils sont trop agités, trop envahis, ou au contraire trop fermés. Le corps, lui, reste accessible.
Le toucher permet de :
C’est une approche douce, respectueuse, qui ne demande pas à l’enfant de “faire”, mais simplement de ressentir.
Semer des graines d’apaisement
Ce que j’aime profondément dans l’accompagnement des enfants, c’est la rapidité avec laquelle ils peuvent retrouver un état de calme. Voir un enfant s’apaiser sous mes mains est toujours un moment fort.
J’ai la sensation de semer quelque chose. Des graines d’apaisement. Des repères corporels. Une mémoire du calme.
Et ces ressources, l’enfant peut ensuite les retrouver dans son quotidien : à la maison, à l’école, dans ses relations.
Revenir à quelque chose de simple
Élever un enfant est, à mon sens, l’un des plus grands défis.
Encore plus aujourd’hui, dans un monde rapide, stimulant, parfois débordant.
Dans ce contexte, revenir au toucher est quelque chose de profondément simple… et profondément naturel. Un geste lent.
Une présence. Une attention sincère. Ce n’est pas une solution miracle.
Mais c’est une ressource précieuse, accessible, et souvent sous-estimée. Alors peut-être que, parfois, plutôt que de chercher à expliquer ou à contrôler… on peut simplement commencer par être là, et toucher avec bienveillance.