28 Feb
28Feb

À Women Safe & Children Brest, j’accompagne des femmes victimes de violences à travers un travail corporel inspiré de la somatothérapie et du massage thaï traditionnel, une approche douce, habillée, réalisée au sol, qui favorise l’ancrage et le sentiment de sécurité. Les vécus traumatiques ne s’inscrivent pas seulement dans la mémoire ou dans les mots, ils s’impriment profondément dans le corps : tensions chroniques, hypervigilance, difficultés à se relâcher, à respirer, à ressentir. Les apports de chercheurs comme Peter Levine, Stephen Porges ou Deb Dana montrent combien la restauration d’un sentiment de sécurité passe par le système nerveux et par des expériences corporelles régulatrices. Le massage devient alors un support pour permettre au corps de sortir progressivement des états d’alerte et de figement, et de retrouver une qualité de présence plus apaisée. La posture du praticien est essentielle : calme, stable, respectueuse, centrée sur l’écoute, sans jamais forcer ni envahir. Le rythme lent, la qualité du toucher, les mobilisations douces et l’attention portée aux réactions corporelles permettent à la personne de reprendre contact avec ses sensations à son propre rythme. La parole peut émerger si elle le souhaite, mais elle n’est jamais imposée ; c’est le corps qui guide. La régularité des séances soutient ce processus en installant peu à peu des états de régulation plus durables, notamment l’accès à ce que la théorie polyvagale décrit comme un fonctionnement parasympathique ventral, associé à la sécurité, au lien et à la capacité de se sentir à nouveau en relation avec soi-même et avec le monde. Ce travail, profondément respectueux, offre aux femmes un espace pour se réapproprier leur corps, restaurer des ressources internes et retrouver des sensations d’apaisement souvent mises à mal par les violences subies.

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